Dominique Couvreur n’a pas toujours été sophrologue, mais elle a toujours été passionnée par les chevaux. Arrivée de Belgique en 1999, elle tient d’abord une boutique de collection de linge de maison à Périgueux, avant d’intégrer le milieu de la culture où elle exerce pendant de longues années. Un emploi du temps bien surchargé n’a jamais empêché la pratique de l’équitation. « Les chevaux sont présents, en pointillé, tout au long de ma vie», assure-t-elle.
Un mieux-être grâce aux chevaux
L’occasion d’un vrai changement de vie et de lieu lui permet d’assouvir sa passion pour les équins. Elle retourne en Belgique se former à l’équithérapie. « Pourquoi la Belgique ? Parce que là-bas, on vous fait travailler sur la relation humaine, la médiation équine comme méthode de coaching par exemple. » En France, l’approche de la médiation équine serait plus restrictive, avec des objectifs précis de thérapie. Or, Dominique Couvreur est sûre que le cheval, et son effet miroir sur les humains, peut apporter une solution à bien des troubles, mais aussi un mieux-être ponctuel ou encore améliorer la cohésion d’équipe dans une entreprise.
Ouverts à tous

Sophrologue diplômée RNCP (répertoire national des certifications professionnelles), Dominique Couvreur propose des ateliers ouverts à tous ceux ou celles qui veulent se reconnecter avec la nature ou avec eux-mêmes (stressés, en manque d’énergie, ou simplement fatigués). Le premier atelier Sophro nature de l’association Alicorne sophrologie, qu’elle a créée, a eu lieu samedi 22 mars dans la belle maison de la sophrologue, dans le minuscule bourg de Sencenac, à quelques kilomètres de Brantôme. Dominique Couvreur consulte aussi à Périgueux, mais pour les ateliers Sophro nature, elle a choisi de recevoir dans une ambiance cocooning.
Sortir de soi
Les six stagiaires du jour arrivent de façon échelonnée. Après quelques explications sur l’atelier et un thé bienvenu en ces premiers jours de printemps, il est temps de sortir. Pas seulement dehors, mais de soi, de ses soucis du quotidien. Dominique Couvreur propose toujours un temps de relaxation dynamique avant de rejoindre le pré aux chevaux. C’est le moment de se poser, de ressentir les bruits et les odeurs qui nous entourent. En cet après-midi bien fraîche, c’est odeur de terre après la pluie mêlée au crottin de cheval. Quand on a les yeux fermés, c’est presque exotique. Quelques mouvements pour délier son corps et nous voilà prêtes (que des femmes à l’atelier, mais c’est le hasard des groupes) pour la médiation.
J’ai testé pour vous

Dès qu’on a passé le fil de fer — barrière symbolique, « rien à craindre, il n’y a pas le courant ! » —, nous nous retrouvons en présence de trois bestiaux de 500 kilos, au moins, chacun. J’avoue ne pas être très à l’aise. Mes camarades du jour m’encouragent. Dominique observe. Le contact se crée. D’abord avec les humains, que je ne connais pas, puis avec les chevaux qui me sont carrément étrangers.
Deux heures plus tard, car je ne vais quand même pas tout dire, je me retrouve en grande amitié avec un des gros bestiaux qui m’intimidaient tant au début de l’atelier, en train de le guider par la magie de la connexion que nous avons créée tous les deux. Dit comme cela, ça a l’air de rien, mais pour moi, pour nous devrais-je dire tant l’expérience a été partagée, cela veut dire beaucoup. L’idée d’avoir surmonté une crainte, d’avoir su créer un lien avec l’animal, d’être en mesure de guider cette têtue de Reggae (jument) rien qu’à ma voix, j’en retire une expérience positive. Je sens, sans trop savoir ni pourquoi ni comment, que cela me servira plus tard, un jour, lorsque je me retrouverai dans une situation difficile.
Dominique sourit à la fin de l’atelier : quand les stagiaires du jour lui font part de leurs ressentis, elle sait que l’atelier a marché. La magie du cheval a opéré.
Adaptés aux entreprises
C’est encourageant pour elle, nous dit-elle, car elle veut développer ce type d’atelier pour tous types de public. Elle aimerait le proposer à des entreprises pour mettre du lien dans les relations professionnelles. À des personnes en fragilité, aussi : femmes atteintes de cancers, victimes de violences… Elle a déjà travaillé en équithérapie avec des enfants et adolescents polyhandicapés de Calypso (Apei) de Boulazac Isle Manoire. La relation avec le cheval, en plus d’apaiser, peut apporter un surcroît de confiance, d’estime de soi, calmer les peurs et les angoisses.
Expérience corporelle
En plus, comme l’atelier se pratique dehors, dans la belle campagne qui entoure la maison de la sophrologue, on fait de l’exercice ni vu ni connu. Dominique Couvreur, qui a travaillé dans le théâtre gestuel (dans le cadre du festival Mimos où elle a œuvré de 2011 à 2023), sait que le corps parle quand on lui en laisse le loisir. Et là, malgré la pluie qui menace et la fraîcheur de ce début de printemps, on a marché, couru, dansé avec les chevaux sans même imaginer qu’on serait en capacité de le faire avant… de le faire.
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Éthologie équine
Mais comment ça marche ? Dominique Couvreur connaît les chevaux comme sa poche et elle a étudié l’éthologie équine, la science comparative du cheval dans son cadre de vie. Le cheval a cette particularité d’être à la fois une proie (comme les biches, bouquetins, chevreuils…) et un prédateur (comme les loups, chiens, chats…). Un peu comme les humains, les chevaux peuvent se retrouver confrontés à l’une ou l’autre de leur nature selon les situations. Néanmoins, ils ont développé une archi-sensibilité à tout ce qui les entoure pour éviter le danger.
Place à l’inconnu. Ils seraient donc capables de ressentir la moindre des émotions chez l’humain et de s’y adapter. Donc l’atelier avec les cheval va mettre en relation un cheval hyper-sensible et un humain qui arrive avec son histoire personnelle, son énergie ou son manque d’énergie du moment, ses émotions et sensations et… le courant passe.
Pour la sophrologue, il s’agit de laisser-faire, d’observer, éventuellement de guider pour que la magie opère. Par contre, dit-elle, on ne sait jamais comment l’atelier va se dérouler, on ne peut pas proposer un programme figé. D’où le sentiment de vivre un moment particulier, hors-du-temps, sans organisation, juste une rencontre.
• Pour participer aux ateliers Sophro nature, Bourg de Sencenac à Brantôme-en-Périgord, vous devez réserver au 06 87 31 70 37. Les prochains ateliers (qui peuvent se dérouler sur une journée ou une demi-journée, au choix) : les samedis 12 avril, 17 mai, 14 juin.