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Prix La Boétie : une sélection humaine

Chaque année, un temps de rencontre et d'échange a lieu entre les élèves et les auteurs
Chaque année, un temps de rencontre et d'échange a lieu entre les élèves et les auteurs © D.R.
PLAISIR DE LIRE. Le prix littéraire La Boétie est de retour pour une septième édition, et met en compétition quatre ouvrages, de quatre autrices. Des livres qui ne sont pas sélectionnés au hasard. Coulisses maestro !

Depuis sept ans, en Dordogne, le prix La Boétie, remis par des étudiants de l’IUT Tech de Co et de l’Inspé, et des lycéens, récompense un ouvrage et son auteur. Cette année, quatre livres, de quatre autrices ont été sélectionnés : Nous sommes les sorcières, de Guillemette de La Borie ; Les deux côtés de la mer, de Carine Raphaëlle ; Maï et Mouna de Béatrice Castaner et En salle de Claire Baglin.

Un ouvrage récent

Mais, pour en arriver là, comment les livres ont été choisis ? Les fondateurs du Prix, Yves Barrellon, professeur à l’IUT Tech de Co à Périgueux, et Corinne Vernay, professeure de français au lycée Jay-de-Beaufort, soutenus par d’autres enseignants de français, font une sélection d’œuvres littéraires.

Lesquelles ? “Il faut que le livre ait un lien avec la région Nouvelle-Aquitaine, ou que l’auteur ait participé au Salon du livre de Champcevinel récemment, ou encore que le thème du livre soit en lien avec le discours de la servitude volontaire de La Boétie et qu’il soit récent, de l’année en cours, ou l’année précédente”, résume Yves Barrellon. Le prix étant décerné par de jeunes étudiants (des lycéens pour la majorité), l’ouvrage doit également répondre à des critères de décence. “Il doit être adapté à des élèves de seconde, ou de première”, glisse l’enseignant.

50 livres pendant l’été

© D.R.
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C’est ainsi, tout naturellement, que l’été précédent la nouvelle édition, les responsables de la sélection misent sur les nouveautés de la rentrée littéraire. “Mais on ne cherche pas des grosses pointures.” De la cinquantaine d’ouvrages qu’ils vont lire pendant l’été, seuls quatre seront choisis. “Déjà, on enlève tous ceux qui ne répondent pas à nos critères de sélection, et on ne retient que des auteurs qu’on peut contacter et qui peuvent venir ici. On a déjà une déperdition importante là-dessus”, explique Yves Barrellon.

Une plume

À partir de là, la sélection se fait en collégiale : les ouvrages choisis ont séduit plusieurs des sélectionneurs, pour leur qualité d’écriture et leur thème. “On recherche une fluidité de lecture, un style qui peut être affirmé ou une narration qui emmène le lecteur, un bon choix de mots… Et sur le thème, on veut qu’il appelle à la réflexion des étudiants. On ne cherche pas un ouvrage à la mode, ou qu’ils peuvent lire par eux-mêmes”, précise l’enseignant.

© D.R.
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Ensuite, charge aux jeunes jurés de faire leur office, en lisant chacune des œuvres. Cette année, ce sont des lycéens de Laure-Gatet (Périgueux), Jay-de-Beaufort (Périgueux), Arnaut-Daniel (Ribérac), Pré-de-Cordy (Sarlat) et des étudiants de l’Inspé et Tech de Co qui en ont la charge. Ils votent, remettant leur bulletin à leur professeur, et les résultats suivent.

 

Rendez-vous ce 3 avril et à Livre en fête

Cette année, pour être éclairés dans leur choix, les élèves pourront rencontrer les autrices, jeudi 3 avril, à l’amphithéâtre Gérard Aubin, au Campus Périgord, à Périgueux, entre 9 et 13 heures, pour un temps d’échange. Les 150 étudiants votants participeront, et l’événement sera ouvert au public. Cette matinée se terminera par une séance de dédicaces.

La lauréate sera connue début mai et la remise officielle du prix aura lieu samedi 15 juin à 18 h 30 lors du Salon Livre en fête de Champcevinel.

Un prix menacé

L’organisation du prix La Boétie, indépendante, a des coûts de fonctionnement, pour faire venir les écrivains, acheter les livres… Entre 4 000 et 5 000 euros chaque année. Une somme en partie financée par des aides de la Région Nouvelle-Aquitaine. Des aides aujourd’hui menacées, ce qui fait planer le doute sur la tenue d’une 8e édition en 2025-2026.