Accueil BIEN naturel La Tardoire, confluence de patrimoines

La Tardoire, confluence de patrimoines

Passionnés de la Tardoire ou curieux réunis autour de cette balade patrimoniale ©MaryBernet
GRAND AIR. Dans le cadre des Journées du Patrimoine, le Parc Naturel Régional Périgord-Limousin a organisé, en partenariat avec la mairie de Chéronnac et le Syndicat mixte des bassins Bandiat-Tardoire, une balade pour découvrir les “Trésors cachés de la Tardoire” au départ des ruines de la forge de Peyrassoulat, un site naturellement envoûtant.

D’emblée, le promeneur est saisi par le contraste entre les ruines éparses des bâtisses des anciennes forges et la vigueur d’un platane aux monumentales ramures, ombrelles larges d’une quarantaine de mètres.

La Nature et les Hommes

Happé par cette vision lumineuse, on ne découvre que plus tard les ifs voisins et leur ombre profonde, havre de paix âgé de 500 ans, puis enfin le chant discret de la Tardoire.

Combinées au minerai extrait à Étouars, 25 km plus loin, se trouvent là réunies les conditions propices au développement industriel des forges qui connut son apogée au XVIIIe siècle : l’eau pour la force motrice, le bois comme combustible et la main d’œuvre saisonnière partagée entre travaux des champs l’été et forge l’hiver. Les canons partaient ensuite vers Rochefort et son arsenal.

« À Peyrassoulat, cinq sites se succédaient sur 2,5 km, trois forges et deux moulins. C’est cinq fois plus qu’en moyenne et le domaine comprenait 97 hectares de terres agricoles et forestières », précise Émilie Hervieux, chargée de mission Patrimoine au PNRPL. Ceci pour la grande histoire mais la petite n’est pas en reste : plusieurs anecdotes macabres se rapportent à ces lieux désormais paisibles, où la nature a repris ses aises.

Préserver l’équilibre

La complémentarité des trois guides présents lors de la balade montre à quel point le PNRPL prend soin de cette zone naturelle d’intérêt écologique, faunistique et floristique (ZNIEFF). Manon Despeaux, chargée de mission Abeilles sauvages, attire l’attention sur une grenouille protégée, la “grenouille agile” aux bonds spectaculaires. Son collègue Guillaume Deyzac, chargé de mission Eau et zones humides, imite celui qu’il surnomme le crapaud “apéro” en raison de l’horaire de ses vocalises, un chant reconnu par la vingtaine de participants !

Dans les mains de Manon Despeaux une espèce protégée : la grenouille agile
©MaryBernet

 La balade permettait également de faire le point sur les espèces envahissantes. Si le combat contre la grenouille taureau obtient des résultats encourageants sur le territoire du Parc, il est beaucoup plus compliqué contre l’écrevisse américaine ou certaines plantes comme la balsamine de l’Himalaya. Les bonnes nouvelles parsèment cependant leur récit, comme le décrit Guillaume : « la Tardoire parcourt 114 km sur le Parc. Là où se sont formées des gorges difficiles d’accès, on trouve quantité d’oiseaux, de chiroptères et des loutres d’Europe ».

À l’heure où les sécheresses inquiètent même ces pays d’eaux que sont le Périgord et le Limousin, il est bon de savoir que, à Ruelle sur Touvre, la résurgence de cette Tardoire enchanteresse fait offrande d’eau potable à la cité angoumoise. Et que la passion qui anime celles et ceux qui protègent ces trésors naturels contribue pleinement à sensibiliser le grand public.

Myriam POUPARD

Les prochaines animations du Parc naturel

• Atelier construction d’une marionnette géante, du 27 septembre au 2 octobre à Abjat-sur-Bandiat.

• Balade découverte du Sentier des Bergères, le 9 octobre à Bussière-Galant.